Quel plaisir de retrouver Zappa plays Zappa, et surtout à l’Olympia, pour leur 3ème tournée française. Dweezil revisite l’œuvre de son père, en changeant de setlist chaque soir, et quel hommage !
Contrairement à leur premier passage, pas de guest, mais les musiciens présents sont de tout premier choix et très polyvalents. Mention spéciale au batteur, surtout pour l’exploit que représentent les Black Pages, ainsi que le final ébouriffant. Après une montée en pluissance pendant toute la première partie du set, le show atteint son paroxysme pendant la deuxième partie où l’on retrouve toute la musicalité et toute la folie de Frank Zappa.
Chunga’s Revenge (+ danse de 8 personnes du public sur scène)
Trouble Every Day
Peaches En Regalia
Zomby Woof
— Rappel —
Cosmik Debris
Willie The Pimp
Avec Dweezil Zappa (Guitare), Scheila Gonzalez (Saxophone, Flute, Clavier), Jamie Kime (Guitare), Pete Griffin (Basse), Joe Travers (Batterie), Billy Hulting (Percussion), Ben Thomas (Chant).
Je vous recommande l’exposition Une image peut en cacher une autre aux Galeries nationales du Grand Palais, à Paris. On y trouve plus de 250 œuvres sur le thème des images doubles (ou plus), toutes périodes confondues. Venez y découvrir, entre autres choses les portraits d‘Arcimboldo, des anamorphoses, des paysages anthropomorphes, les perspectives d’Escher, les images multiples de Dali, et les étonnantes sculptures de Raetz…
Comme d’habitude pour ce genre d’expo, achetez des coupe-files chez voter revendeur préféré.
J’ai pris ma place sans attente particulière, plus pour voir ces géants du rock au moins une fois qu’autre chose, et grand bien m’en a pris. Pour fêter ses 35 ans de carrière, KISS a réalisé un show bien au-delà de mes espérances, une réelle bonne grosse surprise.
YOU WANTED THE BEST, YOU GOT THE BEST ! THE HOTTEST BAND IN THE WORLD… KISS !!
Pour notre plus grand plaisir, en plus d’un son très bon, côté lights et spectacle, rien ne nous aura été épargné. Citons en vrac, pyrotechnie, explosions, tyrolienne horizontale au dessus du public jusqu’au centre de la salle ou verticale jusqu’aux poutrelles métalliques supportant les lights, confettis, plateformes mobiles en tout genre descendant du ciel, mise en scène du vampire sur fond de basse et de lumière verte, batterie qui se soulève pendant le solo, guitare explosée façon rock’n roll en fin de show, une grosse participation du public (maquillé avec plus ou moins de bonheur, comme quoi, c’est pas si simple)… bref, la totale, et bien plus encore ! Ajoutons une setlist bourrée de titres imparables et la recette frise la perfection.
On oubliera bien volontiers quelques détails mineurs au vue de la qualité et de l’ampleur du show comme la voix du chanteur plus que limite (heureusement souvent relayée par ses comparses), ou encore l’exagération du gimmick de la langue tirée toutes les 20 secondes (quelle santé)…
On pourra également déplorer les dernières positions de Gene Simmons sur l’industrie musicale et le piratage, mais en attendant, on ne pourra que saluer l’initiative de vendre (20€) directement à la sortie du concert le double CD du show dans un splendide digipack, et avec une qualité acoustique tout à fait raisonnable.
Même si ce n’est pas de la grande musique, et au-delà de la vénérable institution qui a marqué toute une époque, Kiss a incarné ce soir l’esprit du Rock dans sa plus pure tradition.
Passons rapidement sur toutes les horribles premières parties qu’il aura fallu endurer pour voir Samael. Commençons par Ayin Aleph et son espèce de castafiore metal, totalement ridicule. Au tour de Sybreed d’entrer en scène, en beaucoup moins drôle, très jeune et et pas follement intéressant. Avec Gothminister, on rentre dans la phase grand-guignol cette fois-ci totalement assumée de la soirée, avec une espèce de Daniel Auteuil maquillé, à la voix très grave, qui prêche du haut de son escabeau et qui distille une espèce de musique industrielle technoïde. Là encore, c’est plutôt rigolo, mais toujours aussi long. vraiment pas ma tasse de thé…
Mais que suis-je venu faire dans cette galère ? Ah oui, voir enfin Samael, ce groupe-ovni suisse que j’apprécie paradoxalement beaucoup, sans vraiment savoir pourquoi. Pris séparément, je n’apprécie aucun des éléments qui composent ce groupe : fond de boite à rythme, samples, voix orienté death, musique assez répétitive, plutôt monocorde, pas d’impro, ni de virtuosité, sons électros… Et pourtant j’adore (hormis la toute première période très différente du groupe), et depuis la première écoute de l’album Passage en 1996, jusqu’à leur dernière production, plus accessible, cette année : Solar Soul.
La prestation de ce soir était très pro, très cadrée, énergique, martiale et enivrante. La chanteur/guitariste s’adresse à la foule en français de sa voix grave et rauque, le clavier s’agite (sautillant et toujours debout) derrière son instrument hybride mi-clavier d’un côté, mi-batterie de l’autre. Il gère les samples, les parties de clavier, et complète régulièrement la boite à rythme avec de la vraie batterie, debout, dans un ballet digne de ces fameux joueurs de taïko japonais.
La setlist axée sur le dernier album n’a pas oublié quelques classiques. Ajoutons un festival de lights et des clips à la fois réussis et nécessairement parfaitement synchronisés avec la musique, et la fête est totale. Résultat, je n’ai pas vu le temps passer !
Première partie de qualité, Anathema a joué 45mn, soit un peu plus que sur les autres dates de la tournée. Cela dit, et quoi que bien content de les voir pour la première fois, en plus dans une telle salle, je n’y ai finalement pas trouvé grand chose d’extraordinaire. En plus, le son était plutôt mauvais, avec une batterie trop en avant au son affreux et une basse beaucoup trop forte. Le risque indissociable de ce style de musique atmosphérique est que la frontière entre les côtés planants et trainant en longueur est très fine, et pour moi, ce soir, elle aura été franchie.
Setlist :
Fragile Dreams
Empty
A Simple Mistake
Closer
A Natural Disaster
Angels Walk Among Us
Deep
Flying
Hindsight
Porcupine Tree
Attention, voilà un très sérieux prétendant au concert de l’année ! Les qualités acoustiques de cet Olympia mythique alliées à un son idéal ont permis à Porcupine Tree d’exprimer toute l’étendue de leur talent. Les titres sont transcendés sur scène et le spectacle mêlant musique, lights et vidéo est total. Comme d’habitude, l’exécution et la mise en place sont impeccables tout au long des 2h de show. Le point d’orgue de la soirée, qui restera dans les mémoires, est bien entendu Anesthetize, moment de grâce, encore plus magique que lors de leur dernier passage à la Cigale, c’est dire ! Cette prestation conforte Gavin Harrison comme l’un des batteurs les plus doués de sa génération.
Ambiance cantine japonaise chez Sapporo. Ici, pas de poisson cru, les spécialités sont les ramen (ces délicieux bouillons hyper copieux avec nouilles de blé) ou encore les plats sautés au wok. Les repas sont simples, mais excellents, frais et cuisinés à la demande ; et les prix très attractifs (entre 7€ et 9€ le plat).
La clientèle est majoritairement nipponne, et il y a même des manga disponibles (japonais exclusivement) pour patienter entre les plats. Le service est express, et on peut même manger au comptoir pour admirer les cuisiniers dans leur oeuvre. Dépaysement garanti, et en plus, c’est nettement meilleur qu’un sandwich.
Sapporo
37 rue Saint Honoré
75001 Paris
Métro Palais Royal, musée du Louvre
C’est énervant, comme à son habitude, Porcupine Tree déborde de talent et délivre un set impeccable. L’album Fear of a Blank Planet a été joué en intégralité, avec le moment fort tant attendu, les 17 minutes de Anesthetize, qui a tenu et même dépassé toutes ses promesses, avec un Gavin Harrison impérial derrière ses fûts. Les fans acharnés n’ont pas été oubliés avec le titre rare Drown With Me, figurant dans les bonus de la réédition de l’album In Absentia. Les deux heures, intenses, passent très rapidement, aidées d’un écran géant qui diffuse des clips et animations d’ambiance, tout aussi travaillés que les compositions.
Rendez-vous le 3 décembre à l’Olympia, où Steven nous a promis de nouveaux morceaux inédits. Et qui sait, pourquoi pas même l’enregistrement d’un DVD, la salle se prêtant particulièrement bien à ce genre d’exercices.
Troisième et dernière journée, à la fois la plus belle côté météo (ensoleillée jusqu’en fin d’après-midi, mais averses en soirée) et côté programmation.
Ephel Duath (30mn)
Groupe expérimental et techniquement très impressionnant, je les ai seulement entendus sur le chemin qui mène à l’entrée du festival. J’ai tout de même pris les 2 CD (à 5 euros pièce, c’est donné).
Dark Tranquility (40 mn)
Set carré, hyper classique, sans rien de vraiment particulier. Voici un exemple flagrant d’un groupe précurseur qui n’a pas réellement évolué. Je suis quand même bien content de les avoir vus.
Atheist (40 mn)
Séquence émotion, c’est le tout dernier concert du groupe culte, l’un des pionniers dumétal technique. Set hyper technique, of course, tout en énergie, vraiment très impressionnant. J’ai gardé un magnifique t-shirt en souvenir de cet événement unique.
Behemoth (40 mn)
Prestation énergique conforme à leur précédent concert, gros son, gros set, à fond tout du long, avec costume et maquillage bien typé Black Metal.
Kreator (40 mn)
Set énergique, identique à leur concert précédent, la machine est très bien rodée. A noter la main un peu lourde lors de l’usage des fumigènes verts et rouges en début de set.
Within Temptation (50 mn)
Sans conteste l’une des plus jolie scène du fest, avec les gargouilles et un immense backdrop du plus bel effet. Par contre, pour le reste, il faut aimer le set hyper convenu lié au très décevant dernier album. Du coup, je n’ai pas regardé.
Edguy (40 mn)
Ambiance très festiveet rock’n roll avec Edguy. Le chanteur sautillant fait énormément participer le public. Presque trop (et c’est un comble !), au point de gaspiller de longues minutes à faire taper dans les mains. J’aurai préféré un titre supplémentaire. Dommage, j’ai du partir à la moitié du show, et du coup, j’ai raté la chenille, et peut-être même le fameux air des gendarmes (quelqu’un confirme ?)…
Megadeth (1h)
Enorme, assurément le plus gros show de ces 3 jours. Quelle claque, quelle intensité, malgré quelques approximations à la guitare, Dave Mustaine est en pleine forme. Quel pied de voir Megadeth interpréter Tornado of Souls en live devant un public tout acquis à sa cause, j’en frissonne encore !
Blind Guardian (40 mn)
L’enchainement continue, et il faut courir d’une scène à l’autre pour en rater le minimum (les concerts sont maintenant un peu désynchronisés). Devant un public qui connait toutes les paroles par coeur, Blind Guardian sort tous ses classiques. Un excellent souvenir, malheureusement bien trop court. Vivement le prochain concert en tête d’affiche !
Dream Theater (1h)
A l’intro du film Psychose, on reconnait bien la patte de Mike Portnoy ! Que dire, prestation impeccable, un peu trop de basse dans le mix, mais pour une fois qu’on entend bien Myung… Une setlist résolument orientée vers métal (festival extrême oblige). Les morceaux s’enchainent sans perdre de temps. The Dark Eternal Night du nouvel album, passe mieux en live qu’en studio, tant mieux, je craignais le pire. J’attends impatiemment le mois d’octobre pour avoir droit aux épics et à la facette plus prog du groupe. Petit bonus, c’est la version warped (accélérée) de Pull Me Under qui clôt le concert, respect des horaires oblige !
Emperor (1h)
Alors là, grosse claque totalement inattendue de la part d’Emperor qui délivre un set impérial (sans mauvais jeu de mot). Immortal, à côté, c’est ZZ Top ! Ca n’a rien à voir, son parfait, mise en place impeccable, mur de son démentiel, subtilités dans le jeu, présence sur scène. Magistral, Il faut que je réécoute les CD, même si j’ai un peu peur de la prod. Quelle belle manière de finir le festival qu’avec la reformation d’Emperor sous l’orage…
Pour aujourd’hui, le temps est plus dégagé, et il ne pleuvra pas de la journée. L’organisation s’est bien rattrapée en recouvrant le sol de paille, ce qui a pas mal absorbé les mares de boue. Les pass ayant été délivrés la veille, et l’arrivage des festivaliers étalé, il y a eu moins d’un quart d’heure de queue. Prévoyant j’ai tout de même investi dans une paire de bottes en caoutchouc, certes pas très evil, mais indispensable pour rester au sec. En plus, la programmation du jour s’annonce beaucoup plus variée. Tout rentre dans l’ordre !
Vader (30 mn)
Arrivé pendant le set de Vader, je n’ai profité que de la fin. Efficace, pêchu, gros son, mais plutôt répétitif.
Korpiklaani (30 mn)
Ca, c’est très chouette, une musique folklorique nordique, avec accordéon et violon, qui donne un peu de couleur et de diversité à un festival plutôt sévère jusqu’à présent. Une belle découverte à creuser.
Epica (40 mn)
J’attendais bien mieux d’Epica, c’est une déception de la journée, c’était vraiment pas terrible, sans charisme, ni présence, bref ennuyeux. Seule la chanteuse apporte un intérêt au set, et il n’est pas de nature musical… Je n’ai pas tenu plus de 20 minutes.
Brujeria (40 mn)
La encore, dans un autre genre, ce n’est pas ma came, j’ai gentiment attendu que ça passe. A noter, les foulards type guerillero portés par les membres du groupe mexicain. Viva la revolucion !
Amon Amarth (40 mn)
Deuxième grosse claque de ce festival. Avec une entrée remarquée de deux duellistes en armure (épée et boucliers) qui ont échangé quelques passes d’armes sur scène en introduction à l’arrivée du groupe. Carré, accrocheur, intense, nos vikings préférés très en forme ont effectué un excellent set, centré sur leur deux derniers albums. Visiblement un gros succès.
Cynic (40 mn)
C’est le tout premier concert de groupe depuis 15 longues années. Un moment unique attendu par beaucoup pour ce groupe culte à l’unique album. Excellente prestation, mais plutôt concentrés et visiblement tendus, tous les membres sont restés statiques. De plus, les chants death enregistrés sur bande et sortant de nulle part ont donnée un petit effet surréaliste. La section rythmique est tout bonnement incroyable, tout dans le toucher, mais il y a eu quelques légers pains côté guitare, facilement pardonnables, surtout quand on connait la complexité de la musique proposée. Emballé, je suis reparti avec un t-shirt (version bleue) de toute beauté et une casquette (limitée à 50 ex). Le groupe a même joué un titre inédit : Evolutionnary Sleeper qui sonnait vraiment très bien. A noter, Cynic est en concert à Paris le 5 juillet.
Pain of Salvation (50 mn)
Petite déception pour POS qui a néanmoins eu le mérite d’oser une setlist très pop, un peu mielleuse, chapeau, car ça ne doit pas être évident dans ce type de festival. On a bien sûr eu droit à l’incontournable Disco Queen, mais je n’ai pas été transporté par l’énergie du chanteur. Décidément, j’ai un peu de mal avec POS !
Napalm Death (40 mn)
J’ai regardé ça de très très loin, car déjà vus une fois (récemment, en plus) et ça m’avait largement suffit.
Children of Bodom (1h)
Déception pour fuckin’ Children of fuckin’ Bodom, qui a décidément beaucoup de mal à renouveler ses shows. C’est le genre de groupe efficace et entrainant au début qu’il y a finalement peu d’intérêt à voir plusieurs fois. En plus, le frontman ne connait qu’un seul mot, c’est plutôt horripilant.
Moonspell (40 mn)
Bonne prestation de Moonspell, mais c’est à mon avis un groupe qui gagne à être vu dans une salle pas trop grande, qui garantit toute l’ambiance et l’atmosphère propre à la musique de ce groupe.
Immortal (1h)
C’est la reformation du groupe cultissime Immortal. Malheureusement, la prestation n’était pas très carrée surtout au début (principalement côté batterie), mais c’est peut-être ça l’esprit du True Norvegian Black Metal… Une fois pour dire que j’y étais, c’est bien, mais après… En plus, l’entrée en scène a raté (musique d’intro et explosion de fumigènes), puis plus rien pendant 10 minutes ; cela a tout de l’effet pétard mouillé ! Côté folklore, maquillage et cracheur de feu sont au rendez-vous, et ça met toujours un peu d’ambiance ! Photos et vidéos par ici.
Therion (1h)
Toujours aussi chouette et bon esprit, Therion a bien assuré. Mais comme pour Moonspell, je trouve que c’est une musique d’atmosphère qui s’exprime mieux dans une petite salle. Ce qui permet de mieux profiter de tout ce qui se passe sur scène (il y a 8 musiciens, tous très actifs).
Type O Negative (1h)
Alors là, j’avoue ne pas avoir compris l’attitude… Grosses pauses pendant certaines parties du set, mépris du public, réglages des instruments pendant l’intro, ennuyeux à mourir… Bref, à oublier au plus vite. Bien sûr, il y a juste eu quelques titres potables en fin de sets, mais franchement ?
Grand moment que cette soirée là, d’autant plus unique qu’il ne se reproduira pas de sitôt ! Roger Waters, en pleine forme, nous fait revire les grands moments de Pink Floyd pendant 2h30 de show hors entracte. Tout est en place, les musiciens d’abord, l’écran de grande taille illustré d’animations de haute qualité où chaque transition est parfaitement soignée, la BD de Leaving Beirut, les lights splendides (rien que le final avec le prisme de la pochette de Dark Side of the Moon recréé tout en laser est à tomber), les effets pyrotechniques bien sentis, le tout saupoudré de messages politiques explicites.
Quel plaisir de voir en live des chansons qui ont bercé mon enfance, et qui, plus de trente ans après leur sortie, n’ont pas pris une ride. Le son, excellent et au volume très raisonnable (du mois vers l’arrière de la salle), a pleinement participé à la fête. Du grand art, merci M. Waters !