300

Difficile d’échapper à la déferlante 300, cette semaine. Trois cents guerriers Spartes, dopés à l’hormone de croissance et aux stéroïdes, s’en vont affronter une armée Perse éminemment plus nombreuse. Dans un graphisme très stylisé, chaque plan est retouché numériquement, notamment la palette de couleur, afin de coller au plus près à la BD de Frank Miller.

Il s’agit ni plus ni moins que de l’ode ultime à la puissance guerrière, où le scénario n’a finalement que peu d’importance. Mais l’intérêt du film est ailleurs. Chaque prise de vue est faite pour être impressionnante, chaque pose des acteurs pour ressembler à des statues grecques, chaque dialogue pour en imposer, de même pour les combats hyper sanglants et explicites, avec ralentis et accélérations à foison. On pourrait croire que c’est trop, même pour du grand spectacle, et pourtant ça fonctionne, et bien plus que je ne l’aurais imaginé. Le montage très rythmé allié à une image extrêmement travaillée et un graphisme très stylisé font qu’on est immédiatement pris dans la tourmente. Et même le générique de fin est splendide…

Spartans! Enjoy your breakfast, for tonight we dine in Hell!

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La cité interdite

Rarement décors, costumes et maquillages n’auront été si somptueux au cinéma. Avec son esthétisme léché, le sens aigu du détail, l’usage de la couleur à dominante or brillant, La cité interdite en jette plein les yeux du début à la fin. L’intrigue de ce drame, faite de trahisons, de secrets et de soif de pouvoir est un peu plus convenue, mais ne tombe jamais dans la simplicité pour autant. Les acteurs sont impeccables, les combats à la fois légers et dantesques, grâce à un nombre incalculable de figurants.

C’est somptueux, et pour profiter pleinement de la magnificence de l’ensemble, il faut impérativement aller sur grand écran. Parfois dramatique, parfois sanglant, ce film est une succession de tableaux d’une beauté toujours éclatante. Amateurs de films asiatiques, réjouissez-vous, après Hero, Zhang Yimou réalise un nouveau tour de force.

What I do not give, you must never take by force.

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Le Direktør

Le Direktør est une comédie de Lars Von Trier (une fois n’est pas coutume !). Un acteur est engagé pour ‘improviser’ le rôle du directeur d’une petite boite d’informatique, inventé de toute pièce par le numéro 2 qui n’osait pas être responsable des décisions difficiles, de peur d’être mal vu de ses collègues. Rapidement, la question de la moralité dans le monde du travail va se poser…

Le ton est plaisant, la satire légèrement acide, les personnages un peu décalés et le déroulement de l’intrigue assez imprévisible. Le montage volontairement approximatif (images qui sautent, éclairage faiblard) et les interventions en voix off du cinéaste contribuent pleinement à l’atmosphère générale. Sans être le film de l’année, ce divertissement est une excellente surprise.

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La Vie des Autres

La Vie des Autres nous plonge dans l’univers délétère de la Stasi, sorte de KGB d’Allemagne de l’Est. L’austérité des 20 premières minutes assortie à la palette de couleurs vert/marron presque sortie de chez l’inspecteur Derrick m’a tout d’abord fait avoir quelques craintes, heureusement rapidement dissipées. En fait, cette scène de présentation plante magistralement le décors et met directement le spectateur dans l’ambiance de la RDA des années 80.

Ensuite, le film prend très progressivement de l’ampleur avec beaucoup de sensibilité et s’achève en point d’orgue d’une extrême pudeur. Au fur et à mesure de la surveillance d’un groupe d’intellectuels supposés subversifs, l’officier en charge, fasciné et prenant conscience des enjeux, commence à douter. La mécanique bien huilée de la Stasi est méthodiquement détaillée, avec beaucoup de finesse. La Vie des Autres est un film qui sonne juste, une ode à la liberté dont la mise en scène est aussi sobre que le sujet traité.

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La Môme

Difficile d’échapper à la déferlante médiatique de La Môme, le dernier film d’Olivier Dahan à propos de la vie mouvementée d’Édith Piaf. Hé bien pour une fois, c’est mérité. Le film est une réussite, Marion Cotillard réalise là une véritable performance d’actrice, elle incarne Piaf à la perfection. Chapeau bas aux maquilleurs et perruquiers qui donnent à sa prestation toute sa force. Le montage est agréable (quoiqu’un peu dense et haché pendant la période de l’enfance) et la reconstitution d’époque fidèle, du coup, on n’a absolument pas le temps de s’ennuyer pendant les 2h20 de film. Le film aurait sans doute gagné à soigner un peu plus ses transitions, quitte à augmenter un peu la durée, cela aurait sans doute atténué l’effet collage de tranches de vie du début.

Non ! Rien de rien
Non ! Je ne regrette rien

Deux bémols peut-être, le sourire un peu crispé (et crispant) tout au long du film et l’insistance légèrement trop appuyée sur le côté larmoyant. Malgré tout, c’est un film émouvant qui permet de découvrir ou redécouvrir un grand personnage sans concession de la chanson française.

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Inland Empire

Après le formidable Mulholland Drive, l’attente était élevée pour Inland Empire, la dernière création de David Lynch. Pour ceux qui ne le connaissent pas, on peut dire, sans trop s’avancer, que David Lynch est au cinéma ce que Salvador Dali est à la peinture, un artiste hors norme avec une identité toute particulière.

Tout d’abord, voici ma vaine tentative pour résumer le film. Tout au long des trois heures de projection, il est question pêle-mêle d’une actrice (admirablement interprétée par Laura Dern) qui démarre un nouveau film, puis qui mélange rapidement la réalité avec son rôle en s’apercevant qu’il s’agit en fait d’un remake d’un film polonais maudit, inachevé à cause de la mort violente des acteurs initiaux, de clins d’oeil à Rabbits (sorte de sitcom avec des acteurs grimés en lapins géants, uniquement sorti sur Internet), de prostituées sur Hollywood Blvd façon comédie musicale décadente et de dédales de couloirs sans fenêtres à l’éclairage blafard, le tout dans une ambiance musicale monocorde, grave, très lourde et sombre ponctuée de quelques cris soudains. Evidemment, vu comme ça, ça peut ne pas paraitre très tentant. Et pourtant, c’est ailleurs qu’il faut regarder !

Sans doute l’un de ses films les plus noirs et fragmentés, pour son premier film tourné en numérique, on retrouve très nettement les thèmes et la patte inimitable de Lynch (dédoublement de personnalité, frontière réalité/rêve/cauchemar, personnages inquiétants, analogies troublantes, Hollywood en machine de mort plus que de rêve…). A la fois oppressant, provoquant, brutal, sans compromis, expérimental et avant-gardiste, c’est également si hypnotique, hallucinant et tellement fascinant pour celui qui y est réceptif. Il est vrai, c’est totalement incompréhensible, très confus, et pourtant, cela n’est jamais ennuyeux. Tout le paradoxe est là ! Le patchwork de scènes est peut-être aussi une façon de faire table rase de tout le matériel cinématographique et fantasmagorique accumulé jusqu’à présent. Inland Empire n’est pas un film qui raconte une histoire, mais plutôt une expérience sensorielle à part entière. C’est comme si le film court-circuitait la raison pour parler directement au subconscient et aux émotions, un peu comme une porte ouverte sur son propre esprit, sans gardien ni censure d’aucune sorte, et c’est bien là le tour de force de Lynch.

I can’t tell if it’s yesterday or tomorrow…

Autant le dire tout de suite, en ce qui me concerne, je suis resté un peu sur ma faim. Pourtant amateur de labyrinthes lynchiens et naufragé volontaire d’un navire à la dérive, je n’ai pas vraiment été conquis. Je n’y ai pas retrouvé de moment de grâce, comme par exemple au Club Silencio de Mulholland Drive, ni son esthétique léchée. Mes attentes ont été un peu déçues, bien que captivant, ce n’est pas vraiment le film que j’attendais, car je ne le trouve pas au niveau de ses 2 précédents opus, mais n’est-ce pas là l’essence même de ce type de films que de surprendre en allant toujours plus loin, là où ne l’attend pas ? Dans tous les cas, une chose est sure, il n’y a que Lynch qui arrive à ce résultat.

Pour approfondir :

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Thank You for Smoking

Rien de tel pour célébrer cette première semaine sans tabac dans les lieux publics que d’évoquer le film Thank You for Smoking. Il s’agit d’une comédie satyrique extrêmement réussie. Le personnage diablement charismatique et cynique à souhait brillamment incarné par Aaron Eckhart est lobbyiste pour le compte de la toute puissante industrie du tabac et nous pose la question suivante : peut-on toujours tout argumenter ? Ce film, à la fois intelligent et divertissant, réussit parfaitement à mettre les choses en perspective. Dernier détail, aucune cigarette n’est fumée pendant toute la durée du film.

Nick Naylor: Michael Jordan plays ball. Charles Manson kills people. I talk. Everyone has a talent.

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Metal: a Headbanger’s Journey

Sam Dunn, anthropologue et fan de longue date, nous livre un documentaire très intéressant sur la culture Métal dans le film Metal: a Headbanger’s Journey. Certes, les connaisseurs n’apprendront peut-être pas grand chose, et encore, les autres y trouveront un aperçu instructif, avec notamment des interviews de Tom Araya, Alice Cooper, Bruce Dickinson, Ronnie James Dio, Tony Iommi, Kerry King, Geddy Lee, Lemmy, Vince Neil, Dee Snider et Rob Zombie.

Comment couvrir la vaste étendue d’un mouvement musical aux multiples courants en seulement 1h30 ? Soyons clairs, c’est impossible. Pourtant, après un historique peut-être un tout petit peu longuet, Sam Dunn parvient à dresser un portrait général, sans trop de concessions, en s’attachant à des grands thèmes transverses et à quelques sous-genres marquants. C’est une très bonne entrée en la matière à propos d’un sujet peu exploité sur le plan médiatique, qui donne envie d’entrer dans les détails.

Les deux points forts, à mon avis, sont l’intervention remarquée de Dee Snider (Twisted Sister) qui contre très intelligemment Tipper Gore au Congrès, et à l’opposée du spectre, la tentative d’interview ratée du groupe Mayhem, dont les membres imbibés jusqu’à la moelle ne sont qu’une sombre parodie d’eux-même !

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Casino Royale

Tous les gens que j’ai croisés ne m’en ayant dit que du bien, j’ai donc décidé d’aller voir Casino Royale. Grand bien m’en a pris, alors que ni les précédents opus, ni la bande annonce ne m’avaient convaincu. Daniel Craig ne faisait pourtant pas l’unanimité, loin de là, on l’avait même gentiment surnommé James Blond (pensez-vous, un James Bond qui n’est pas brun !).

Et pourtant, il s’agit là de l’un des meilleurs épisodes de la série depuis longtemps, un véritable retour aux sources. Il n’y a plus de gadgets, on a le plaisir de découvrir un James Bond moins lisse, à la fois plus viril et plus sombre, où l’on voit bien qu’au-delà de l’espion chic sommeille également un assassin.

James Bond: Voda-martini.
Bartender: Shaken or stirred?
James Bond: Does it look like I give a damn?

Des décors somptueux, notamment au Monténégro et à Venise, une séquence d’ouverture haletante dans un chantier, une partie de Poker à la tension est palpable… Un vent de renouveau souffle sur la série qui laisse présager de nouveaux épisodes de qualité, avec Daniel Craig au volant.

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Une vérité qui dérange

Une vérité qui dérange n’est pas un film à proprement parler, mais une plutôt une conférence filmée d’Al Gore qui ne cesse pas d’arpenter le pays. Il développe pendant 1h30 des arguments factuels à charge en faveur de la reconnaissance du phénomène de réchauffement climatique. Les chiffres sont sans appel, le constat édifiant, mais ni pessimiste ni démagogue.

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

Cette exposé, certes orienté, est présenté de façon claire et ludique, ça fait réfléchir, c’est donc à voir absolument.

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